
Photo © Shirin Town
Quelques chiffres
9
jours
47
artistes sélectionnés
7
prix decernés
LES IRRÉELS 2026
PRIX
ARTISTE DE L'ANNÉE
et
2e PRIX PUBLIC
Gildas Paré
KIPOZ

© Gildas Paré
Gildas Paré, né en 1977 et originaire de Nantes, découvre
la photographie au lycée, en s’initiant au développement
et au tirage noir et blanc. Autodidacte, il affine ensuite sa
technique dans différents studios avant de devenir photographe
professionnel indépendant en 2005. Vingt-deux années de
pratique commerciale, documentaire et éditoriale nourrissent
un parcours d’abord consacré aux personnages, puis ouvert
à la nature morte, au portrait, à l’industrie et à l’architecture.
En 2014, l’apprentissage de la retouche numérique élargit son
champ créatif. Il développe aujourd’hui KIPOZ, une démarche
où nature morte, portrait et paysage explorent les mythologies
du quotidien et la persistance du sacré dans le monde contem-
porain
KIPOZ est conçu comme un miroir fendu, une onde qui
pose sans répondre. Chaque photomontage devient un
sceau alchimique, un champ de forces où matière et esprit se
rencontrent. Fragments photographiques et visions composent
un montage-creuset : tableau en surface, chambre d’échos en
profondeur, où mythes et symboles résonnent. Haut et bas,
chair et esprit, visible et voile se répondent dans une transmu-
tation unissant pixel et symbole. De la Nigredo à la Rubedo,
chaque œuvre cherche un équilibre entre chute et illumination.
KIPOZ n’est pas une série, mais une expérience continue, un
laboratoire spirituel qui ouvre un passage. Son nom réunit le
souffle vital, « Ki », le passage, « P », et le pays révélé, « Oz » :
qui pose la question franchit déjà le seuil ; qui ose traverse.
PRIX
PHOTOGRAPHIE DE L'ANNÉE
Vladimir Fedotko
RÊVES

The sudden visit of Morpheus
© Vladimir Fedotko
Vladimir Fedotko est un artiste et photographe russe né à
Leningrad en 1967. Il vit et travaille à Saint-Pétersbourg.
Diplômé de l’Institut de cinéma de Leningrad, devenu l’Univer-
sité d’État du cinéma et de la télévision de Saint-Pétersbourg,
il a également étudié les beaux-arts à l’Université Herzen. De-
puis 2005, il développe une pratique où photographie, dessin
et traitement numérique composent des univers oniriques aux
mises en scène élaborées. Son travail a été présenté en Russie,
en Biélorussie, en Lettonie, en Allemagne, en Italie, au Portugal
et en Autriche. Plusieurs fois récompensé au Trierenberg Super
Circuit de Linz, il a reçu cinq médailles d’or, deux d’argent et
une de bronze entre 2011 et 2019. Ses œuvres figurent dans des
collections privées, des galeries et des musées en Russie comme
à l’étranger.
Dans « Rêves », Vladimir Fedotko explore les images qui
surgissent pendant le sommeil et ce qu’elles peuvent révé-
ler de notre vie intérieure. Il s’appuie sur deux lectures du rêve :
pour Freud, il dissimule un sens lié aux désirs refoulés ; pour
Jung, il fait apparaître des aspects de la personnalité volontai-
rement tenus à l’écart. Anxiété, stress, médicaments ou stimuli
extérieurs peuvent aussi infléchir son contenu. L’artiste trans-
pose ces mécanismes en scènes théâtrales où le corps endormi
devient le point de passage entre réel et imaginaire. Étoffes
enveloppantes, doubles, enlèvements, réveils brusques et visites
de figures impossibles donnent forme à un monde gouverné
par ses propres règles. Entre sensualité, humour et inquiétude,
chaque composition conserve l’ambiguïté d’un rêve : familière
au premier regard, mais impossible à expliquer tout à fait.
PRIX
DECOUVERTE DE L'ANNÉE
Sophie Cool
RESISTING GUILT

© Sophie Cool
Sophie Cool est une photographe née à Paris en 1972.
D’abord formée comme sage-femme, elle est également
diplômée en production audiovisuelle et en techniques
de l’image. En 2011, elle publie I Killed My Brother in My
Mother’s Womb, une pièce de théâtre qui interroge la possibi-
lité d’exister en dehors d’une société binaire. Elle se consacre
aujourd’hui à la photographie, principalement au portrait. Son
travail explore le corps, l’identité et les frontières sociales,
culturelles et intimes qui peuvent être transgressées. Ancrées
dans l’expérience personnelle comme dans l’imaginaire collec-
tif, ses images réinterprètent et détournent les codes visuels de
l’identité pour ouvrir un espace à des formes d’expression plus
libres. Souvent colorées et volontairement mises en scène, elles
accueillent l’ambiguïté et font émerger de nouvelles manières
d’être au monde
Dans « Resisting Guilt », Sophie Cool transforme l’espace
domestique en théâtre mental. Le foyer, habituellement
perçu comme un refuge intime et rassurant, devient un décor
ambigu où se rejouent les attentes sociales profondément
ancrées. Les normes liées aux rôles féminins, aux compor-
tements et à la culpabilité se matérialisent, envahissent les
lieux et contaminent les corps, brouillant les frontières entre
intérieur et extérieur, réel et imaginaire. La saturation des
couleurs agit comme une distorsion du quotidien : loin d’être
ornementale, elle révèle la violence symbolique dissimulée
sous sa banalité et traduit une pression psychique et corporelle
presque suffocante. Le familier bascule ainsi dans un univers
onirique et troublant. L’espace intime devient le lieu d’une
tension constante entre aliénation et résistance.
PRIX
LE REGARD DES JEUNES
Prix décerné par les jeunes visiteurs du Festival
Sama Sbrissa
Pho(to)ssilis

© Sama Sbrissa
Sama Sbrissa est une photographe professionnelle, inscrite à
l’ordre des hyménoptères. Formée à l’Institut de Photogra-
phie et des Arts Visuels de Padoue, elle a également approfondi
la sculpture entre Padoue et Carrare. Elle mue périodiquement
et conserve un vif intérêt pour le travail manuel. L’expérimen-
tation de techniques et de procédés lui permet de transmettre
des émotions personnelles et collectives. Préférant se définir
comme artisane plutôt que comme artiste, elle mène chacun de
ses projets avec rigueur et souci du détail.
PHO(TO)SSILIS propose un voyage visuel où des fragments
de photographies de nu artistique deviennent des reliques,
semblables à des fossiles et des sédiments. Le corps humain se
change en matière et retient le temps, la mémoire et la méta-
morphose. Pour ces collages, des images accumulées au fil du
parcours de Sama Sbrissa sont découpées, recomposées, puis
« redécouvertes » dans la matière du fond. Coupes, superposi-
tions et imperfections gardent la trace d’un lent travail manuel,
indissociable de l’œuvre. La sédimentation se lit dans deux
directions : l’illusion de strates anciennes qui se révèlent trom-
peuses, et la transformation de matériaux existants en artefacts
dont le sens et le contexte d’origine sont bouleversés. À ce
dialogue du présent avec le passé s’ajoute le temps même de la
création, redécouvert comme une relique au cœur d’un présent
immédiat, impétueux et audacieux.
1er PRIX PUBLIC
Christian Nicot
CANOPÉE URBANE

© Christian Nicot
Christian Nicot vit et travaille à Nice. Passionné de photo-
graphie depuis plus de trente ans, il consacre l’essentiel
de sa pratique au paysage, à la nature morte et à la macrophoto-
graphie, en couleur comme en noir et blanc. Il a également par-
ticipé à différents clubs, ateliers photographiques et aventures
associatives dans la région niçoise. En 2004, à l’initiative de
son épouse Elisabeth, il fonde avec elle et des amis photo-
graphes passionnés l’association PHOTON, afin de réunir
leurs motivations, leurs idées et leurs énergies. Ce collectif
rassemble aujourd’hui vingt-quatre photographes.
Canopée urbaine, repose sur des superpositions de végé-
taux et de façades de plusieurs quartiers de Nice, toutes
réalisées à la prise de vue. Christian Nicot fusionne ainsi la ville
modelée par la main de l’homme avec la nature qui l’entoure
immédiatement. Il cherche à montrer l’incidence positive de
la sauvegarde et du retour à la nature dans nos espaces urbains
et nos vies, plaidant pour une modernisation qui ne la sacrifie
pas. Par ce travail, il souhaite susciter une réflexion sur notre
impact sur la nature, l’urbanisation et nos modes de vie, tout
en laissant à chacun l’espace nécessaire pour trouver son
propre sens dans ces oppositions visuelles. L’auteur ne vit pas
la superposition à la prise de vue comme une contrainte, mais
comme un défi : l’appareil photographique devient pour lui un
moyen de parfaire et de compléter le regard.
3e PRIX PUBLIC
Olivier Busuttil
RÉMANENS

© Olivier Busuttil
Olivier Busuttil est photographe artiste-auteur. Formé au
documentaire à l’ESEC (École supérieure d’études ciné-
matographiques), il travaille d’abord plusieurs années dans la
vidéo avant de revenir à la photographie, qu’il pratique depuis
l’adolescence. Ce médium répond à son besoin de solitude et
à la disponibilité intérieure qu’exige la prise de vue, loin des
équipes et des dispositifs lourds. Inspiré par la ville comme
par la nature, il revient régulièrement vers la mer et ses côtes,
notamment en Corse. Il travaille en numérique et en argen-
tique, puis collabore étroitement avec tireurs et encadreurs afin
que chaque photographie devienne un objet d’art autonome,
présenté en qualité musée. Cette exigence prolonge pour lui
l’expérience visuelle jusque dans l’objet final. Plusieurs œuvres
de la série « Rémanence » ont été exposées à Paris en janvier
2026 dans l’exposition « Clair-obscur ».
Dans « Rémanence », réalisée sur les côtes sauvages du
sud de la Corse en 2025, Olivier Busuttil fait du flou un
principe de création. Des poses d’une à deux secondes et un
mouvement volontaire de l’appareil produisent dès la prise de
vue des paysages en suspension, sans manipulation numérique.
La netteté se dissout au profit de traces, de vibrations et d’une
perception flottante. Le ciel et le sable, souvent surexposés,
structurent l’espace et unifient la mer, les collines, les rochers
ou les îlots dans une lumière diffuse. Entre figuration et abs-
traction, souvenir et sensation, l’image invite le regard à ralen-
tir, chercher et projeter. Tirées sur papier mat Hahnemühle
Photo Rag 308, les photographies trouvent une matérialité
qui renforce le vide, le silence et l’air. Le flou devient ainsi un
langage du doute, de l’intuition et de l’impermanence. L’image
déréalise ce qui persiste.

























